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Les 5 points de Senseï

21 mai 2013 - 12:09

Les 5 points de Me HARADA : un article de Giles Murray du KDS-Gourdon (Lot)

Tori (l'attaquant) et Uke (le défenseur) sont face à face en fudo-dachi (la posture "immuable"). Tori attaque gyaku-tsuki chudan (coup de poing direct sur place au niveau moyen). Dans sa parade Gedan Baraï (balayage au niveau bas) Uke aura à considérer et à se rappeler les 5 éléments suivants :

 

1. Le contact "magnétique"
De sa main avancée et le bras bien relaché, il "prend contact" avec le poing qui arrive. Il est question d'harmonie entre l'attaque et la défense, càd qu'il n'y a pas de choc, pas de "blocage" (un terme  souvent utilisé). On "colle" à l’attaque, comme un aimant, sans pousser, sans déranger l’attaquant, sans chercher de résultat.

2. La concentration dans les mains
Avec la même fluidité de mouvement, Uke commence petit à petit à ajouter de l'énergie, de la concentration dans les mains. Peu importe si les mains sont ouvertes ou fermées, l’essentiel c’est de maintenir à la fois le "contact magnetique" et des articulations libres càd relâchées et non crispées.

3. Le poids
Il n’est absolument pas question de pousser sur l’attaque. Les épaules sont relachées et les bras connectés au tronc par les muscles latéraux et dorsaux. Pensez à laisser tomber son poids le long de la colonne vertébrale vers le sol – c’est ça qui ajoute le poids aux mains. Il faut garder en permanence le contact magnétique avec l’attaque et la concentration dans les mains puis on ajoute le paramètre de la gravité qui tire l’ensemble verticalement vers le bas. C’est subtil et difficile à expliquer – en effet c’est un “feeling” ! Parfois je me dis: "il n'y a rien qui monte."

4. Le corps
Il faut créer une présence du corps derrière le mouvement des bras. Pensez aux exercices de Bernard et Gladys Mathieu par rapport à la respiration, la présence dans le hara, les rotations du tronc, l'animation des muscles de la taille, l’expansion et la contraction de la poitrine et du dos – vous avez sans doute vu beaucoup de méthodes pour cet élément du puzzle! Quand on ajoute le corps, il faut penser à garder tout le temps le contact magnétique avec l’attaque, la concentration dans les mains, et le poids – et toujours sans chercher de résultat.

5. Les jambes
Avant d’ajouter les jambes, on doit vérifier que les articulations des hanches sont libres. Pensez à faire des micro-rotations. Après on voit si les genoux et les chevilles sont libres. Quand ces articulations sont libres, on a la sensation que son propre poids passe sans obstacle jusqu’aux plantes des pieds, et surtout aux talons. Maintenant les muscles dans les jambes commencent à s’animer, surtout les jarrets et les mollets.


C’est évident que dans chaque étape il y a plein de choses à
rechercher! Il faut de la patience . . . et un bon partenaire.

Quelques petites astuces . . .

Pour le contact, j’aime l’image des mains qui sont “curieuses” –
autrement dit, je touche, mais je ne suis pas passif. Je cherche chez
l’attaquant: les jambes, les articulations crispées (épaules,
hanches), les “trous” dans sa structure, des moments où il perd la
concentration. Il faut être présent et actif pour les exploiter!

Le plus dur c’est de garder les cinq éléments quand on commence à se
déplacer, par exemple pour faire du jyu ippon kumité.

Il est aussi très intéressant de chercher ces cinq éléments dans
d’autres contextes: les parades avec “forme correcte”, les oi-tsukis,
les coups de pied.

Quand on arrive à boucler les éléments, on découvre une amélioration
dans le timing et la lecture de son partenaire – on fait sans savoir
trop pourquoi, et c’est très sympa.

En dernier, ces mots ne sont qu’un guide, et ils manquent de la
précision. C’est la curiosité et l’esprit chercheur qui vous aideront
plus. Travaillez entre vous et n’hésitez pas à chercher des échanges
avec les seniors pour raffiner vos idées sur le “feeling”!

Allez, au boulot!

Giles

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