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Acceptation

" (...) il déclara que, peu avant son décès, Burrich avait assez repris connaissance pour dire adieu à son fils et partir avec sur les lèvres la Prière du guerrier : "Oui", avait-il murmuré dans son dernier soupir; or chacun savait qu'il s'agissait là de la prière suprême qu'on pût adresser à la vie : l'acceptation. Robin Hobb, L'assassin royal 13

En acceptant, je passe à travers : on est libre de ce que l'on accepte, de ce à quoi on dit oui; on demeure prisonnier de ce qu'on refuse, de ce à quoi on dit non. Arnaud Desjardins

"Ce qui ne peut être évité, il faut l'embrasser" Shakespeare

N'attends pas que les évènements arrivent comme tu le souhaites ; décide de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux. Epictète

…J’avais eu une vie délirante, j’avais connu des choses aussi terribles que magnifiques, alors, arrivé à cinquante ans, quand tout à coup la mort -en réalité ce n’était pas la mort, mais la vie- est venue frapper à ma porte, j’ai arrêté presque avec soulagement. C’était le moment de savoir dire non à ce qui était hors l’essentiel. J’étais dans l’acceptation immédiate… Je ne reviendrai jamais du voyage de la maladie, je ne reviendrai jamais vers la vie d’avant. Jamais. La maladie est un voyage dont on ne revient pas : soit c’est la mort, soit c’est une autre vie qui commence….Plusieurs voyantes avaient prédit ma disparition vers quarante-cinq-cinquante ans. La peur de la mort existe, certes - bien que je pense que ce soit la peur fondamentale de la séparation, mais il faut l’accepter.Le secret, c’est l’acceptation. Sans résignation bien sûr…Demain : je n’y pense pas. Je suis dans le plaisir et la conscience de l’instant.C'est le OUI qui permet d'aller plus loin, de bouger, d'explorer. L'acceptation est le contraire de la résignation.  Bernard Giraudeau

Notre avis : Bernard, tu étais un vrai senseï !


"Vers la fin des années 1970, je prenais chaque jour le repas du midi avec un ou deux amis à la cafétéria du centre des étudiants du premier cycle de l'université de Cambridge où j'étudiais. Parfois, un homme en fauteuil roulant était attablé à une table proche de la mienne, en général accompagné de trois au quatre personnes. Un jour, alors qu'il était attablé directement en face de moi, je ne pus m'empêcher de l'observer de plus près. Ce que je vis me choqua. Il semblait totalement paralysé, son corps était émacié, sa tête courbée en permanence vers l'avant. Une des personnes l'accompagnant lui mettait délicatement sa nourriture dans la bouche, qui retombait en majeure partie dans une petite assiette, qu'une autre personne tenait sous son menton. De temps en temps, l'homme attaché à son fauteuil roulant émettait des grognements inintelligibles. Quelqu'un approchait alors son oreille de sa bouche et interprétait ce qu'il venait de dire.
Plus tard, je demandai à mon ami s'il savait de qui il s'agissait. "Bien sûr que je le sais, dit-il. C'est un professeur de mathématiques et les gens qui sont avec lui sont ses étudiants. Il a la maladie du neurone moteur qui paralyse progressivement chaque partie de son corps. On lui donne au maximum cinq ans à vivre. C'est le sort le plus horrible qui puisse attendre un être humain."
Quelques semaines plus tard, alors que je quittais le bâtiment, il y entrait. Pendant que je tenais la porte pour que sa chaise roulante puisse passer, nos yeux se croisèrent. Je constatai avec surprise que ses yeux étaient limpides. Pas de trace de misère intérieure. Je sus immédiatement qu'il avait renoncé à la résistance, qu'il vivait dans le lâcher-prise.
Plusieurs années plus tard, alors que j'achetais un journal dans un kiosque à journaux, j'eus la stupéfaction de le voir sur la couverture d'un magazine mondialement célèbre. Non seulement il était encore vivant, mais il était également devenu le théoricien de la physique le plus célèbre, Stephen Hawking. Un beau commentaire dans l'article vint confirmer ce que j'avais pressenti lorsque je l'avais regardé dans les yeux plusieurs années plus tôt. Il faisait en effet le commentaire suivant sur sa vie (dorénavant avec l'aide d'un synthétiseur vocal) : " Qu'aurais-je pu souhaiter de plus ?"  Eckart Tolle Nouvelle Terre p179/180