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Le "hara", centre vital de l'être humain

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Cathédrale d'Autun : Daniel dans la fosse aux lions (12ème siècle)

Dans les arts-martiaux japonais on parle beaucoup du hara, le bassin de l'homme. C'est son "centre terre"; là se concentre son énergie vitale. Le point exact est en fait appelé kikaï tanden, l'océan d'énergie, et est situé trois doigts sous le nombril, à l'intérieur du ventre. Rien d'étonnant donc que le seppuku ou hara kiri, le suicide rituel des samouraïs, se faisait  en s'ouvrant le ventre avec le katana. L'utilisation du mot "bassin" en français, "Becken" en allemand, est très parlante puisque c'est là que l'on "recueille" l'énergie vitale de l'air, le ki en japonais, le prana en Inde, à l'expiration.

Dans la pratique des arts-martiaux les techniques doivent s'exécuter à partir de ce centre d'énergie qui par ailleurs correspond à notre centre de gravité; ce qui permet des mouvements avec un corps "ouvert". Cela représente un travail qui s'étend sur des décennies! En règle générale en effet les débutants travaillent avec la force dans les épaules, ce qui est peu efficace puisqu'ils n'utilisent qu'une partie de leur corps, qui de plus a tendance à se "fermer". Ils sont d'autant plus dans le haut du corps et donc "excentrés" qu'ils sont habitués à tout "penser", à être trop "dans le mental", au détriment du physique. Il leur faudra apprendre à descendre vers la terre, à abaisser leur centre de gravité, à "se poser" voire à "s'enraciner". Ce n'est pas que physique. Une personne "posée", "enracinée", "bien centrée", est une personne qui ne se laisse pas emporter par ses émotions et qui agit avec calme, courage et sang froid.

Hara est un mot japonais mais le hara n'est pas que japonais. Chez nous, au Moyen-Age, le hara n'était pas inconnu : témoin ce chapiteau de la Cathédrale Saint-Lazare à Autun (12ème siècle) représentant Daniel dans la fosse aux lions : les plis du vêtement s'enroulent de manière évidente en cercles concentriques autour du milieu du ventre.....Daniel avait assurément des "tripes"! Notre civilisation occidentale hyper intellectualisée à "oublié" le hara. Mais nos hara sont seulement endormis; nous pouvons les réveiller! Et nous aurions beaucoup à y gagner : confiance en soi sans arrogance, bien être physique et mental durable et, last but not least, une excellente ouverture sur une voie spirituelle.

Souvenir. C'était il y a près d'une soixantaine d'années dans mon village du pied des Vosges. En face de chez nous il y avait un pré très en pente. Je ne sais pas si c'est à cause de la pente ou parce qu'il était trop pauvre (les faucheuses mécaniques étaient rares à l'époque), toujours est-il que le paysan fauchait son immense pré à la main. Je n'avais encore jamais entendu parler d'arts-martiaux mais je me souviens bien de la technique de fauchage de ce vieux paysan : il était bien "campé" sur ses deux jambes, les épaules et les bras relâchés, les mouvements de rotation de la faux étaient imprimés par les hanches. Il ne travaillait pas "en force"; sinon il n'aurait jamais pu le faire des heures durant. Ni lui ni moi ne savions ce qu'est le hara, mais son corps, inconsciemment, au moins en partie, le savait !

 

A lire :

HARA - Centre vital de l'homme 

Le " Hara " n'est pas seulement une théorie doctrinale ; c'est l'enseignement d'une pratique au service de l'essentiel. La pratique de Hara aide à la fois dans la maîtrise de la vie en ce monde et dans la progression sur la Voie. Il s'agit de la Voie qui redonne à l'homme ayant perdu ses racines, la conscience de son origine éternelle et qui le prépare à réaliser sa destination première, c'est-à-dire à révéler l'Etre dans l'existence. Le retour en son centre originel de l'homme devenu étranger à lui-même a toujours joué un rôle décisif dans l'engagement sur la Voie. L'enseignement et la pratique du Hara, du centre vital de l'homme, font prendre conscience de ce processus. Pour ce qui est des rapports entre " esprit occidental " et " sagesse orientale ", il devient évident que les oppositions entre monde oriental et monde occidental constituent, au fond, un problème inhérent à la nature profonde de l'homme. Il faut faire une distinction entre les principes fondamentaux à valeur humaine générale et leur concrétisation qui prend différentes formes selon la race, les conditions géographiques, la tradition spirituelle et le niveau de développement. Le présent ouvrage n'a pas d'autre prétention que d'ouvrir une porte menant à une sagesse née de l'expérience transcendantale, sagesse dont on n'a pas, jusqu'à présent, assez apprécié la valeur. Qu'il commence aujourd'hui à en être autrement ne signifie pas que l'on emprunte à une conception orientale, mais au contraire que l'on s'ouvre à une vérité propre à tous les hommes, vérité qui n'avait pas encore fait son chemin.